Afin de sécuriser les marches pyrénéennes, Eudes d'Aquitaine s'allie en 730 avec le chef berbère Mununza, qui contrôle la Cerdagne. Estimant que les ambitions du Duc Eudes deviennent dangereuses, Charles, maire du Palais de Neustrie, lance en 731 une expédition contre celui qu'il présente comme un traitre allié à l'ennemi arabe. Pour ne rien arranger aux affaires du duc d'Aquitaine, le nouveau wali de Cordoue Adb-Al-Rahmân lance de son côté, en mars 732, une expédition destinée à châtier Mununza. Attendue à Toulouse, c'est devant Pampelune que la razzia se présente avant de balayer les défenseurs pris au dépourvu. Les Arabes peuvent désormais déferler sur l'Aquitaine, écrasant les armées d'Eudes devant Bordeaux puis Agen.
Appelé à la rescousse, Charles - qui n'a pas encore reçu le surnom de Martel - mobilise ses troupes à la fin de l'été pour venir bloquer la route de Tours, route qui est surtout celle du sanctuaire Saint-Martin. Cette basilique est un haut lieu de dévotion pour les Francs, elle a également la réputation d'abriter de fabuleuses richesses propres à attirer la convoitise des pillards. Ce 25 octobre 732, les armées franques et sarrazines se rencontrent à proximité de Poitiers vers le hameau de Moussais. Les Arabes sont défaits et brutalement repoussés, ce qui mettra un coup d'arrêt à leur expansion. Ils se replieront sur leurs places fortes plus au sud mais il faudra attendre 737 pour débarrasser le Languedoc et la Provence de la présence des Sarrasins qui ne contrôleront plus alors que Narbonne ainsi qu'une mince bande littorale en Septimanie.