Ce n'est qu'à partir de 1881 que Bruckner commence à connaitre un certain succès avec les représentations de sa Symphonie n°4 "Romantique", donnée à Vienne sous la direction du célèbre Hans Richter. Bruckner a pourtant commencé à composer dans les années 1840 mais l'audience de son oeuvre, essentiellement tournée vers la musique vocale et sacrée, reste modeste. Ce sont les symphonies dont il commence à travailler la forme vers 1863 qui vont le hisser parmi les grands noms de la musique. Bruckner doit cependant faire face à de nombreuses critiques : on lui reproche son style trop wagnérien à une époque où la critique musicale ne jure par Brahms. Sa Quatrième lui permet de briser cette première barrière. La célébrité viendra plus tard avec le triomphe de sa Symphonie n°7 à Leipzig, en 1884.
Bruckner fut toute sa vie un homme tourmenté par un désir de perfection. La foi profonde qui l'habite en est sans doute un symptôme tout comme son habitude de retravailler sans cesse ses partitions. Presque toutes seront retouchées par le compositeur. La Quatrième connaîtra sept versions, l'immense Symphonie n°8 en connaîtra quatre. La Neuvième et dernière symphonie restera quant à elle elle, inachevée : ce 11 octobre 1896, Anton Bruckner s'éteint à Vienne où il aura passé l'essentiel de sa carrière comme professeur, organiste et compositeur. Sa dépouille sera inhumée en la basilique de Saint-Florian, sous le grand orgue que celui qu'on appellera le Ménestrel de Dieu aura si longtemps animé.