La rivalité entre la France et l'Angleterre avait conduit Philippe le Bel (1268-1314) à imposer de lourdes taxes aux laines anglaises, au détriment de l'industrie textile très implantée au Pays-Bas. Le conflit débouche sur la guerre de Flandres qui commence en 1297.
Le 11 juillet 1302 au matin, les troupes françaises conduites par le comte Robert II d'Artois (1250-1302) font face aux milices flamandes, les Klauwaerts, rejointes par des soldats venant de Namur. Les défenseurs sont installés sur une colline surplombant la Lys, protégés par une zone marécageuse. Les Français ont cependant l'avantage : de nombreux arbalétriers assouplissent les positions ennemies pour préparer l'avance des fantassins. Les chevaliers, sûrs de leur victoire, refusent d'attendre et chargent en désordre au travers des piétons. Après avoir renversé leurs propres soldats, ils s'embourbent devant les Flamands équipés de leur fameuse goedendag. La plupart d'entre eux sont massacrés sur place, Robert d'Artois fait partie des victimes.
Peu soucieux de faire des prisonniers, les miliciens flamands ramèneront en ville les éperons récupérés sur les cadavres des chevaliers ennemis, prise de butin dont la journée tirera son nom : la bataille des Eperons d'or. Cette date marque aussi le début de la concrétisation du sentiment national sur lequel le comte Gui de Dampierre (1226-1305) allait s'appuyer pour continuer son combat contre le roi de France.