Mort du compositeur russe Dimitri Chostakovitch (1906-1975)

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Dimitri Chostakovitch (1906-1975), timbre hommage édité en 1976 en Union Soviétique
09 août 1975

Mort du compositeur russe Dimitri Chostakovitch (1906-1975)

Joseph Staline meurt en 1953, date bénie pour tous ses opposants, mais aussi pour les artistes russes qui retrouvent à cette occasion un peu de marge de manoeuvre, même si celle-ci reste très encadrée par la stricte supervision du Parti Communiste. Chostakovitch, en délicatesse avec les commissaires politiques, peut enfin reprendre son cycle de symphonies et compose sa Dixième symphonie où il livre en une cinquantaine de minutes une méditation sinistre et oppressante sur la révolte et la peur que font régner sur le pays le Parti et sa nomenklatura. C'est aussi l'époque où il se penche à nouveau sur la musique de chambre, notamment le quatuor à cordes. Le Quatrième quatuor est écrit cette même année. Chostakovitch poursuivra l'élaboration de ces deux cycles majeurs jusqu'à ses derniers jours ou presque.

La logique idéologique étant ce qu'elle est, la censure et le contrôle se renforcent à nouveau dans les années 60. Bon an, mal an, Chostakovitch trace son chemin entre ces divers écueils, un peu protégé par son statut de compositeur majeur, modialement connu, souvent joué et adulé du public. Son impuinté, Chostakovitch la un peu aussi aux concessions qu'il fait au pouvoir en place en livrant sur demande musiques de film ou de circonstance grâce auxquelles la propagande communiste peut exploiter son nom.

La santé du compositeur se dégrade à partir de 1965. Accompagné par Irina Supinskaïa, qu'il épouse en 1962 et qui restera à ses côtés jusqu'à ses derniers jours, Chostakovitch lutte contre la progression d'une poliomyélite qui le laisse pourtant infirme de la main gauche, lourd handicap pour un pianiste virtuose. Dans les années 70, on lui diagnostique un cancer, il sait que ses jours sont comptés.

La plupart des pièces de cette dernière période sont hantées par l'idée de la mort, très audible dans son Quatuor à cordes n°13 de 1970. Chostakovitch s'éteint à l'hôpital de Moscou le 9 août 1975. La Sonate pour alto et piano Op.147, achevée au mois de juillet, est sa toute dernière oeuvre sinon son testament.