Mort du compositeur français Esprit-Antoine Blanchard (1696-1770)

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La Chapelle Royale de Versailles vers 1740
10 avril 1770

Mort du compositeur français Esprit-Antoine Blanchard (1696-1770)

La dernière partie de la vie d'Antoine-Esprit Blanchard est celle d'un homme qui a réussi. On pourrait presque dire celle d'un parvenu si ce terme était moins négativement connoté. En 1754, Blanchard, bientôt sexagénaire, épouse une certaine Madeleine Jovenet, il s'agit probablement de sa gouvernante depuis son passage à Amiens entre 1734 et 1739. Il en aura trois enfants. Il est alors maitre de musique à la Chapelle du Roi, à Versailles, où il a introduit l'usage de la clarinette, charge qu'il transmettra en 1765 dans des conditions financières très favorables. Son successeur, Julien Amable Mathieu s'engage entre autres à « faire chanter au moins quatre fois par semaine les motets du dit sieur Blanchard et singulièrement de deux dimanche, un tant à la messe du Roy qu’à celle de la Reine ». Car Blanchard, s'il a surtout fait carrière comme maitre de musique ou maître de grammaire, a à son actif la composition de nombre de motets que l'on joue régulièrement. C'est aussi au titre de compositeur que Louis XV lui octroie en 1764 le cordon de l’Ordre de Saint-Michel laissé vacant par le décès de Rameau. Le jeune Mozart les connait fort bien, d'ailleurs, pour les avoir découverts en 1763 à la Chapelle Royale de Versailles.

Blanchard s'éteint des suites d'une fluxion de poitrine ce 10 avril 1770 à Versailles. On continuera à jouer régulièrement ses motets avant qu'il tombe dans l'oubli dont le tirent aujourd'hui quelques rares enregistrements. Les années 1740-1750 marquent le sommet de sa période créatrice, notamment avec ce motet In Exitu Israel créé en avril 1749.