Un an et demi après le concile de Clermont, les troupes chrétiennes de la Première Croisade se sont enfin rassemblées à Constantinople avant de prendre Nicée, qui tombe le 19 juin 1097. Les croisés se séparent alors en deux armées afin de limiter les problèmes d'approvisionnement. La première, composée de Normands, de Bretons et d'Angevins, se dirige vers Dorylée où les 35.000 hommes du sultan Kilidj Arslan les attendent en embuscade. Forts de leur victoire de l'année précédente contre les colonnes déguenillées de Pierre l'Ermite et Gauthier Sans Avoir qu'ils ont aisément massacrées, les musulmans s'attendent à une victoire facile.
Ce 1er juillet 1097 à l'aube, le camp des 15.000 hommes de Bohémond de Tarente est pris d'assaut par les Turcs. Harcelés par la cavalerie légère qui décoche ses flèches tout en refusant le combat, ils subissent de lourdes pertes et sont contraints de se mettre en position défensive. Des messagers sont expédiés sur l'arrière pour quérir des secours. Les cavaliers de Godefroy de Bouillon arrivent les premiers en renfort, bientôt rejoints par d'autres. Les croisés sont à présent plus de 55.000 hommes, renversant le rapport de forces. La retraite des Turcs se transforme vite en déroute. A l'issue de cette journée, la cavalerie seldjoukide est presque anéantie, mais les croisés sont encore bien loin de Jérusalem.